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Haut Conseil à l'Egalité entre les femmes et les hommes

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Remise du 2e rapport d’évaluation intermédiaire « Genre et Développement » à André VALLINI

18 octobre 2016

Le 14 octobre, Le Haut Conseil à l’Egalité a remis à André Vallini, Secrétaire d’Etat auprès du ministre des Affaires étrangères et du Développement international, chargé du Développement et de la Francophonie, le 2e rapport d’évaluation intermédiaire de la Stratégie « Genre et Développement » 2013-2017.

Retrouvez le rapport dans son intégralité ici.

Retrouvez le discours de Danielle Bousquet, Présidente du HCE ici.

Ce rapport intermédiaire correspond à l’évaluation de la mise en œuvre, en 2015, de la stratégie Genre et Développement 2013-2017. Cette évaluation est réalisée chaque année par le HCE, comme il y a été invité en 2013 par le Comité Interministériel de la Coopération Internationale et du Développement (CICID).

La commission « Droits des femmes et Enjeux internationaux et européens » du HCE s’est chargé de cette évaluation, en partenariat avec le Ministère des Affaires étrangères et du Développement international (MAEDI) et l’Agence Française de Développement (AFD).

Selon Danielle Bousquet, présidente du HCE : « notre Commission estime que la Stratégie Genre et Développement est plus que jamais pertinente, alors que, dans de nombreux pays, les femmes peinent encore à affirmer leurs droits humains tout simplement, que ce soit un statut juridique égal, la capacité à prendre seules les décisions les concernant, le droit à la propriété, à l’héritage, à la sécurité, … La condition des femmes dans de nombreux pays en développement et émergents ne progresse que lentement, quand elle ne se détériore pas du fait de conflits, du terrorisme et de l’instrumentalisation du religieux, ou de la crise économique, des dérèglements climatiques…. Nous ne sommes pas non plus à l’abri de reculs au sein de l’UE, comme on l’a vu récemment en Pologne. »

Lors de la remise de ce rapport au Secrétaire d’Etat et en présence des « référent.e.s genre » dans les postes diplomatiques français (50 pays représentés à cette réunion), Danielle Bousquet a rappelé un certain nombre de chiffres-clefs essentiels :

- les femmes représentent 70% des 770 millions de personnes qui vivent encore sous le seuil de l’extrême pauvreté (1,90$/jour), dont la moitié en Afrique subsaharienne, selon un rapport de la Banque mondiale (« Pauvreté et prospérité partagée 2016 – s’attaquer aux inégalités »)

- 2/3 des 780 millions d’adultes illettrés sont des femmes, et plus de la moitié sont africaines ; et bien qu’en progrès, le taux de scolarisation des jeunes filles, comme la durée réelle de leur scolarité restent très inégalitaire

- l’indice de fécondité des femmes au Niger et chez une partie de nos 16 partenaires prioritaires est de 6 à 7 enfants ; avec les nombreuses implications négatives que l’on connaît : alourdissement des tâches domestiques des femmes, précarisation économique des familles, déscolarisation des jeunes filles, mariages précoces, mortalité maternelle…

- on estime aussi que 140 à 150 millions de filles et femmes sont victimes de mutilations sexuelles féminines dans le monde avec des taux dépassant 90% en Guinée ou en Egypte.

Dans son rapport, le HCE a formulé un certain nombre de recommandations :

  • Recommandation N°1 : Confirmer l’objectif de la France d’atteindre 50% d’engagements bilatéraux marqués genre en 2017, en intensifiant l’intégration transversale du genre (marqueur 1). Le cas échéant, fixer un objectif intermédiaire pour 2016 à 32%, moyenne du CAD.
  • Recommandation N°2 : Accroître la visibilité des engagements de la France en augmentant substantiellement la très modeste proportion de projets financés visant l’égalité à titre principal (marqueur 2)
  • Recommandation N°3 : Consolider la démarche de transparence et redevabilité en communiquant des données comparables (montants en euros), exhaustives (tous Ministères et opérateurs concernés) et réconciliables, sans distorsions excessives, avec les données figurant dans les documents annexés au PLF et celles transmises par le Trésor au CAD de l’OCDE. Une version synthétique de cette déclaration, par Ministères et Agences, sera demandée au Trésor pour les données 2016.
  • Recommandation N°4 : Renforcer et élargir l’appropriation de la perspective de genre : réaffirmer le portage politique en interne, étoffer les équipes de coordination et le réseau de référent.e.s, intensifier l’effort de formation au-delà des actions de sensibilisation, mobiliser les opérateurs sous tutelle, soutenir les associations françaises spécialisées sur les questions d’égalité femmes-hommes, en incluant celles spécialisées sur les femmes handicapées.
  • Recommandation N°5 : Anticiper dès à présent l’achèvement de la stratégie en 2017 en traçant les lignes directrices d’une démarche holistique et transformative, faisant de la perspective de genre et de l’objectif d’égalité l’un des principaux leviers d’une aide au développement efficace. S’assurer de sa bonne articulation avec la Stratégie attendue sur les DSSR.