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Haut Conseil à l'Egalité entre les femmes et les hommes

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Actualités

Edito #2 de Danielle Bousquet, Présidente du Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes

7 juin 2013

Des menaces graves et répétées pèsent aujourd’hui sur le droit des femmes à avorter en Europe. La liste est préoccupante, et n’a cessé de s’allonger ces derniers mois : Espagne, Italie, Lituanie, Macédoine, Hongrie, alors qu’en Pologne, à Malte et en Irlande l’avortement est toujours illégal.

En Espagne, le gouvernement de Mariano Rajoy prépare un texte qui reviendrait à pénaliser de nouveau l’avortement, même dans les cas les plus tragiques (malformation du fœtus par exemple). C’est un retour en arrière de plus de 25 ans qui renvoie à la loi franquiste d’avant 1986.
En Italie, la part des médecins refusant aux patientes une IVG parce qu’ils usent de « l’objection de conscience », se situerait entre 70% et 80%. Cela rend l’accès au droit à l’IVG très difficile, et explique que le nombre d’avortements clandestins, mettant la vie des femmes concernées en péril, s’accroit dangereusement.
En Lituanie, qui prendra la présidence de l’UE au second semestre 2013, le Parlement a introduit le 28 mai dernier une proposition de loi prévoyant l’interdiction de l’avortement. L’IVG étant autorisée aujourd’hui sans condition jusqu’à 12 semaines de grossesse, de nombreuses polonaises franchissent la frontière pour faire une IVG.

Le Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes entend s’engager fortement dans la défense du droit à l’avortement, qui n’est ni un « droit low cost » ni un « droit yoyo » ! Il est un droit humain inaliénable, qui n’a pas à varier au gré des crises, qu’elles soient politiques, identitaires, ou sociales.

Alors que les femmes, en prise avec les reculs de leurs droits - et notamment sexuels et reproductifs – attendent beaucoup de l’Europe, nous assistons trop passivement aux victoires des intégristes religieux, intégristes que l’on est pourtant si prompts - et à juste titre - à dénoncer de l’autre côté de la Méditerranée.

C’est une question fondamentale de droits des femmes. Nous continuerons d’alerter et d’interpeller François Hollande et les dirigeants européens sur la situation, afin de réaffirmer fortement le droit de toutes les femmes européennes à disposer de leurs corps.