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Haut Conseil à l'Egalité entre les femmes et les hommes

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Dépendance - Recommandations de l’OPFH

27 juin 2011

Le président de la République a lancé le grand débat national sur la dépendance, le 8 février 2011, au conseil économique, social et environnemental (CESE).

A la demande du Premier ministre, le Conseil économique, social et environnemental, le Haut Conseil pour l’Avenir de l’assurance-maladie et le Haut Conseil de la Famille ont organisé des groupes de réflexion pour contribuer au débat national. Dans ce contexte, Roselyne Bachelot-Narquin, ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale et Marie-Anne Montchamp, secrétaire d’Etat auprès de la ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale, ont souhaité que l’Observatoire de la parité entre les femmes et les hommes leur fasse parvenir des recommandations.

La contribution de l’Observatoire a vocation à dépasser les approches uniquement financières pour donner une perspective sociale à ce débat sur la dépendance et, en l’occurrence une perspective féminine.

En effet, toutes les réflexions menées sur cet enjeu de société devront mesurer les implications pour tous les membres de la société : femmes et hommes, d’autant plus sur un sujet qui concerne, à bien des égards, plus les femmes que les hommes.

La prise en charge des personnes âgées dépendantes, qui ont perdu leur autonomie du fait du vieillissement, est largement tributaire de leur famille, tant en terme de temps que d’argent. Les solutions appellent nécessairement une implication de l’ensemble de la société et une solidarité intergénérationnelle.

Les membres de l’Observatoire souhaitent s’attacher aux enjeux sociaux de cette réforme, en abordant la prise en compte des femmes dans ce débat sur la dépendance sous deux angles :

- le public concerné des personnes âgées dépendantes,

- les aidants, devrait-on dire, les aidantes, tant familiales que professionnelles.

Les recommandations présentées dans ce document ont pour objectif de rappeler qu’il importe que l’égalité entre les femmes et les hommes et les spécificités des femmes soient intégrées dans ce débat, depuis le constat jusqu’aux solutions.

Prévenir les situations de dépendance :

1 - Veiller à une représentation équilibrée des femmes et des hommes dans les protocoles d’essais cliniques et thérapeutiques.

2 - Sensibiliser le corps médical aux pathologies nécessitant une surveillance particulière et des traitements spécifiques pour les femmes.

3 - Organiser une consultation médicale lors de la cessation d’activité afin de dépister les facteurs de risque, rappeler un certain nombre de règles comme une alimentation saine et équilibrée pour limiter les risques cardiovasculaires, la protection des yeux pour retarder les cataractes et autres dégénérescences maculaires et favoriser ainsi un vieillissement en bonne santé.

4 - Prévenir la survenue de l’ostéoporose, notamment par la promotion de comportements hygiéno-diététiques et organiser des dépistages systématiques au moment de la ménopause.

5 - Améliorer les conditions de prise en charge de l’ostéodensimétrie et des traitements.

6 - Favoriser la stimulation cognitive tout au long de la vie et la prévention cardiovasculaires afin de limiter ou retarder la survenue de la dépendance en raison de démence.

7 - Prendre en charge ces troubles précocement en facilitant l’accès des personnes âgées de 60 ans à des activités physiques (gymnastique, natation), à des activités sociales et à une nutrition équilibrée.

8 - Permettre le maintien d’une bonne intégration sociale des personnes âgées afin de prévenir la dépendance.

Adapter l’environnement au vieillissement de la population :

9 - Veiller à une approche systématique dans les politiques de logement et la conception des bâtiments de l’adaptabilité des lieux au vieillissement de la population.

10 - Promouvoir la construction de quartiers intergénérationnels.

11 - Soutenir le développement des gérontechnologies.

Favoriser l’articulation de la vie professionnelle et familiale des aidant-e-s familiaux :

12 - Corréler la charge de travail et le temps de travail quand cela est possible selon les secteurs d’activité et les postes.

13 - Modifier les conditions d’accès aux congés afin de prendre en compte les besoins des aidant-e-s, notamment de fractionnement du congé.

14 - Créer un statut de l’aidant familial sur le modèle des aidants des personnes handicapées.

15 - Promouvoir la Charte européenne de l’aidant familial.

16 - Examiner les modalités de compensations financières pour les aidant-e-s.

17 - Prévoir l’intégration de ces compensations dans le calcul de la retraite.

18 - Faciliter l’accès à l’information aux formations pour les aidant-e-s familiaux.

Répondre aux besoins de répit des aidant-e-s familiaux :

19 - Organiser une consultation annuelle des aidant-e-s familiaux avec leur médecin traitant.

20 - Faciliter l’accès de l’information des dispositifs existants, notamment en organisant une campagne d’information nationale.

21 - Identifier les personnes-ressources, des référent-e-s, afin d’articuler l’action des différents acteurs et actrices (professionnels, famille et structures) dans l’intérêt de la personne âgée dépendante.

22 - Développer l’offre d’accueil et de gardes temporaires et améliorer l’information sur ces dispositifs.

23 - Encadrer les emplois de service à la personne : reconnaissance, formation, professionnalisation.

24 - Créer une journée « des filles et des garçons », sur les modèles des « girls and boys day », afin de promouvoir la mixité des filières scolaires et des emplois.