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Haut Conseil à l'Egalité entre les femmes et les hommes

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Actualités

Pour le remplacement de « Droits de l’Homme » par « Droits Humains »

13 avril 2015

Deux campagnes convergentes appellent à remplacer à l’avenir les mots « droits de l’Homme » et « droits de l’homme » par l’expression « droits humains » dans les textes et le langage des institutions françaises. Le Haut Conseil à l’Egalité entre les femmes et les hommes salue ces revendications au nom de l’égalité des sexes.

 

La question de l’usage du féminin anime régulièrement le débat public depuis plusieurs dizaines d’années. En effet, l’habitude – et parfois l’opposition – sont autant de résistances à une représentation équilibrée des femmes et des hommes dans la langue, à l’image de la société. Le masculin est souvent présenté comme ayant une valeur universelle, qui serait neutre. Pourtant, le neutre n’existe pas dans la langue française (un mot est soit masculin, soit féminin). D’autre part, « l’usage du masculin n’est pas perçu de manière neutre en dépit du fait que ce soit son intention »[1] : les études nous indiquent que cognitivement, l’usage du masculin active moins de représentations de femmes auprès des personnes interpellées que l’usage d’un mot épicène par exemple (dont la forme ne varie pas entre le féminin ou masculin).

Ainsi, rendre visible les femmes par la langue, c’est reconnaître leur existence et leur place à égalité dans la société.

D’ailleurs, le mot « homme » dans les Déclarations des droits de l’homme et du citoyen française a longtemps servi à écarter juridiquement les femmes du droit de vote. Ce fut le combat d’Olympe de Gouges, qui répliqua sous la Révolution française par une déclaration des droits de la femme. Les rédacteurs de la Déclaration onusienne de 1949 voulaient mettre « Man Rights » et ce fut la seule femme présente, Eleanor ROOSEVELT, qui se battit pour qu’ils adoptent « Human Rights », afin de couvrir les droits des femmes. Expression que la France traduit à tort par « Droits de l’homme », contrairement au Québec francophone qui écrit « Droits de la personne humaine ».

 

La « Déclaration des droits humains des citoyennes et des citoyens »

Soucieux de reconnaître toutes les femmes dans les textes fondateurs de la République française, le réseau international d’hommes pour l’égalité Zéromacho a symboliquement remplacé la « Déclaration des droits de l’homme et du citoyen » de 1789 inscrite dans le préambule de la Constitution française en « Déclaration des droits humains des citoyennes et des citoyens ». Les images, les symboles et les mots ont été adaptés de manière à représenter l’ensemble de l’humanité et à promouvoir l’égalité pleine et entière entre les femmes et les hommes. L’affiche conçue par Zéromacho en hommage à la déclaration d’Olympe DE GOUGES de 1791 a été lancée le jeudi 2 avril à l’occasion du débat « Des hommes se battent pour l’égalité » organisé à l’Assemblée nationale en présence de la présidente du HCEfh, Danielle BOUSQUET.

Pour plus d’information sur l’initiative de Zéromacho, cliquez ici.

 

La campagne Droits humains pour tou.te.s

Dans ce même esprit de justice et d’inclusion, le collectif Droits Humains pour tou.te.s, constitué de plus de 40 associations et fédérations de la société civile, a lancé une pétition à l’attention du gouvernement français, appelant à abandonner les expressions « droits de l’Homme » et « droits de l’homme » du langage institutionnel au profit de la formule « droits humains ». Plus qu’un simple débat terminologique, cette campagne symbolique vise à rendre aux femmes la visibilité et les droits qu’elles méritent, et à identifier l’égalité des sexes comme ciment des valeurs de la République française.

« Parce que l’expression « droits de l’Homme » est porteuse d’une histoire de discrimination sexiste. Dans la “Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen” de 1789, le terme “Homme” a été choisi spécifiquement et sans ambiguïté pour désigner les personnes de genre masculin à l’exclusion des femmes. »

Vous pouvez signer la pétition.  

Pour plus d’information sur l’initative de Droits Humains pour tou.te.s : bit.ly/1BVyfYG.



[1] P. GYGAX et. al, « Generically intended, but specifically interpreted : When beauticians, musicians, and mechanics are all men », Language and cognitive Processes, n°23, 2008.