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Haut Conseil à l'Egalité entre les femmes et les hommes

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Fiches de synthèse

Les femmes, pauvres parmi les pauvres

11 septembre 2010

Contexte français

A l’occasion du Sommet des Nations Unies sur les objectifs du Millénaire pour le développement, du 20 au 22 septembre 2010, l’OPFH publie une note de synthèse sur les femmes en situation de pauvreté, en France, dans l’Union européenne et dans le monde.

Situation actuelle

Femmes et taux de pauvreté :

  • Les femmes représentent 51 % de la population, mais 53 % de la population pauvre, soit 2,3 millions de femmes pauvres.
  • Le taux de pauvreté* féminin est de 14 %, tous âges confondus, contre 12,8 % pour les hommes, mais ce taux est de 23,7 % pour les femmes de 18-24 ans.
    Source : INSEE, 2007.
  • Le taux de pauvreté des familles monoparentales est de 32,4 % contre 10,8 % pour les couples. En 2005, la France comptait 1,76 million de familles monoparentales avec au moins un enfant de moins de 25 ans, soit 2,5 fois plus qu’en 1968. La monoparentalité concerne des femmes seules avec enfants dans 85 % des cas.
    Sources : INSEE, 2007 & 2010 ; Rapport de la Cour des Comptes "La Sécurité sociale", septembre 2010 (Chap. XVI).

Répartition des hommes et des femmes vivant sous
le seuil de pauvreté selon l’âge, 2007 (en %)

Répartition des hommes et des femmes vivant sous le seuil de pauvreté selon l’âge, 2007 (en %)

Tableau 67 in Chiffres clés, L’égalité entre les femmes et les hommes, Service des droits des femmes et de l’égalité entre les femmes et les hommes, 2009.

Proportion de personnes pauvres selon le type de ménage, 2007

Proportion de personnes pauvres selon le type de ménage, 2007

Tableau 68 in Chiffres clés, L’égalité entre les femmes et les hommes, Service des droits des femmes et de l’égalité entre les femmes et les hommes, 2009.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Femmes et précarité :

  • Les femmes représentent près de 80 % des salariés à temps partiel, 61 % des salariés peu qualifiés et 78 % des employés non qualifiés.
  • 30 % des emplois occupés par les femmes sont des emplois peu qualifiés contre 19 % pour les hommes.
    Source : Françoise Milewski, « La précarité des femmes sur le marché du travail », Lettre de l’OFCE n°263, Juin 2005.
  • Sur les 3,7 millions de travailleurs pauvres, 69,4% sont des femmes.
    Source : INSEE, Sophie Ponthieux, « Les travailleurs pauvres : exploration d’une approche alternative en termes de “pauvreté économique” », Journées de l’AÉS, septembre 2009.
  • Les deux tiers des salariés à bas salaires sont des femmes.Source : Lara Muller, « les bas salaires dans les entreprises du secteur concurrentiel », Premières synthèses, Mai 2009, n°20.3.
  • En 2007, le taux de pauvreté des femmes âgées de 75 ans et plus était nettement supérieur à celui des personnes âgées en général : 13,4% contre 10,6%.
    Source : A. Campéon, K. Chauvin, F. Delaune, « Les femmes âgées en situation de pauvreté », Les Travaux de l’ONPES 2009-2010
  • Les femmes sont les principales bénéficiaires des minima sociaux et représentent en 2008 :

- 52 % des bénéficiaires du revenu minimum d’insertion (RMI)
- 45,5 % de ceux de l’allocation de solidarité spécifique (ASS)
- 57,2 % de ceux du minimum vieillesse
- 98 % de ceux de l’allocation de parent isolé (API)
Source : Graphique 71 in Chiffres clés, L’égalité entre les femmes et les hommes, Service des droits des femmes et de l’égalité entre les femmes et les hommes, 2009.

  • En 2008, durant les premiers mois d’expérimentation du revenu de Solidarité active* (RSA), dans 34 départements, 60% des bénéficiaires sont des femmes, 20% sont des femmes seules et 22% sont des familles monoparentales.
    *Le RSA, entré en vigueur dans toute la France le 1er juin 2009, remplace le revenu minimum d’insertion (RMI), l’allocation de parent isolé (API) et certaines aides forfaitaires temporaires comme la prime de retour à l’emploi.
    Source : Haut commissaire aux Solidarités actives, 2008.
  • Le surendettement concerne davantage les personnes adultes vivant seules (célibataires, divorcés, veufs) : en 2007, 14,5 % des personnes surendettées sont des femmes célibataires contre 12,1 % sont des hommes célibataires.
    Source : Banque de France, Enquête typologique 2007 sur le surendettement.
Pour plus d’informations :

Repères statistiques :

  • Statistiques de l’INSEE sur la pauvreté et le taux de pauvreté.
  • Service des droits des femmes et de l’égalité entre les femmes et les hommes, Chiffres clés, L’égalité entre les femmes et les hommes, 2009.
  • Observatoire des inégalités, les femmes plus souvent pauvres que les hommes, avril 2009.

Contributions :

  • Hélène Périvier & Rachel Silvera, Généralisation du RSA : rien à signaler sur les femmes ? in Travail, genre et société n°22, Novembre 2009.
  • OFCE, Guillaume Allègre, RSA et emploi : où sont les femmes ?, septembre 2008.
  • Françoise Milewski, La précarité des femmes sur le marché du travail in Lettre de l’OFCE n°263, Juin 2005.
  • Janine Mossuz-Lavau, Pauvres parmi les pauvres ? Des femmes, Fondation Jean Jaurès, Octobre 2008.

Rapports :

Politiques publiques françaises en matière de lutte contre la pauvreté des femmes

Novembre 2009 : Xavier DARCOS, Ministre du Travail, des Relations sociales, de la Famille, de la Solidarité et de la Ville demande une étude relative à la question des femmes en situation de précarité, notamment dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville.

Contexte européen

Situation actuelle

  • Dans l’Union Européenne (UE), près de 80 millions de citoyens vivent actuellement en dessous du seuil de pauvreté*, soit 16% de la population totale.
    Source : Eurobaromètre, 2009. 
  • Le taux de pauvreté s’élève à 17,5 % pour les femmes contre 15,6 % pour les hommes. Mais, les taux de pauvreté varient selon les pays :

- Taux identiques selon les sexes : La Pologne (femmes : 16,7 % ; hommes : 17,0 %), le Danemark (femmes : 12,0 % ; hommes : 11,7 %), la Hongrie (12,4 %) et les Pays-Bas (femmes : 10,4 % ; hommes : 10,5 %).
- Écarts entre femmes et hommes : La Bulgarie (femmes : 22,9 % ; hommes : 19,8 %), la Lituanie (femmes : 22,0 % ; hommes : 17,6 %), l’Estonie (femmes : 22,0 % ; hommes : 16,5 %), l’Espagne (femmes : 21,0 % ; hommes : 18,3 %), et Chypre (femmes : 18,3 % ; hommes : 14,0 %).
Source : Eurostat, 2008.

  • Les catégories de population les plus menacées de pauvreté sont les enfants et les personnes de plus de 65 ans : 22 % des femmes de plus de 65 ans sont menacées de pauvreté contre 16 % des hommes.
    Source : Commission européenne, 2008. 
  • Le risque de pauvreté des familles monoparentales, majoritairement des femmes avec enfants à charge, est de 32 %, ce qui représente le taux le plus élevé de pauvreté.
    Source : Commission européenne, 2008.

Taux de risque de pauvreté, par sexe, dans l’UE (en %)

Pays

Total

Femmes

Hommes

UE à 27 16,5 17,5 15,6
Lettonie 25,6 27,7 23,1
Roumanie 23,4 24,3 22,4
Bulgarie 21,4 22,9 19,8
Estonie 19,5 22,0 16,5
Lituanie 20,0 22,0 17,6
Espagne 19,6 21,0 18,3
Grèce 20,1 20,7 19,6
Italie 18,7 20,1 17,1
Royaume Uni 18,8 20,1 17,5
Portugal 18,5 19,1 17,9
Chypre 16,2 18,3 14,0
Pologne 16,9 16,7 17,0
Irlande 15,4 16,3 14,5
Allemagne 15,2 16,2 14,2
Belgique 14,7 15,9 13,6
Malte 14,6 15,5 13,7
Finlande 13,6 14,5 12,7
Luxembourg 13,4 14,3 12,5
France 13,4 14,0 12,7
Slovénie 12,3 13,6 11,0
Autriche 12,4 13,5 11,2
Suède 12,2 13,0 11,3
Hongrie 12,4 12,4 12,4
Danemark 11,8 12,0 11,7
Slovaquie 10,9 11,5 10,1
Pays Bas 10,5 10,4 10,5
R. tchèque 9,0 10,1 8,0

Source : Eurostat, 2008.

Politiques publiques mises en place dans l’Union Européenne en matière de lutte contre la pauvreté des femmes

Grâce au Fonds social européen (FSE) et au programme PROGRESS, complémentaire du FSE, l’UE tente de prévenir et de combattre la pauvreté. Le FSE représente 10 % du budget annuel de l’UE et le programme PROGRESS représente un budget annuel d’environ 100 millions d’euros.

2010 est « l’Année européenne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale ».

Les objectifs clés de l’UE sont de :

  • Reconnaître le droit fondamental des personnes en situation de pauvreté et d’exclusion sociale à vivre dans la dignité et à prendre une part active dans la société.
  • Accroître l’adhésion du public aux politiques d’inclusion sociale, en soulignant la responsabilité collective et individuelle dans la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, en favorisant l’engagement de tous les acteurs publics et privés.
  • Promouvoir une plus grande cohésion dans la société et faire en sorte que nul ne doute des avantages que comporte, pour tous, une société sans pauvreté.
  • Renouveler l’engagement de l’UE et des Etats membres de lutter contre la pauvreté et l’exclusion sociale et y associer tous les niveaux de pouvoir

Contexte international

Situation actuelle

  • Les femmes représentent 70% des pauvres dans le monde.
    Source : UNIFEM, 2008.
  • Les femmes accomplissent 66% du travail mondial, produisent 50% de la nourriture, mais ne perçoivent que 10% des revenus et 1% de la propriété.
    Source : UNICEF, 2007.
  • Sur les 550 millions de travailleurs pauvres dans le monde, 330 millions, soit 60% du total, sont des femmes.
    Source : OIT, 2006.
  • Le taux d’emplois « vulnérables* » varie de 50,5 à 54,7% pour les femmes et de 47,2 à 51,8% pour les hommes.
    Source : OIT, 2009.
  • 8 travailleuses sur 10 en Afrique Sub-saharienne et en Asie du Sud ont un emploi « vulnérable ».
    Source : UNIFEM, 2008.

Politiques publiques mises en place au niveau international en matière de lutte contre la pauvreté des femmes

Septembre 1995 : Quatrième Conférence mondiale sur les femmes (Beijing).

Le Programme d’Action de Pékin identifie 12 domaines critiques et, la féminisation de la pauvreté constitue le premier de ces domaines.

Le Programme d’Action de Pékin définit 4 objectifs stratégiques pour lutter contre la persistance de la pauvreté :

- Objectif stratégique A-1 : « Revoir, adopter et appliquer des politiques macroéconomiques et des stratégies de développement répondant aux besoins et aux efforts des femmes vivant dans la pauvreté ».

- Objectif stratégique A-2 : « Réviser les législations et les pratiques administratives en vue d’assurer l’égalité des droits sur les ressources économiques et un accès plus large des femmes à ces ressources ».

- Objectif stratégique A-3 : « Ouvrir aux femmes l’accès à l’épargne et aux mécanismes et institutions de crédit ».

- Objectif stratégique A-4 : « Mettre au point des méthodes tenant compte des spécificités de chaque sexe et chercher les moyens de combattre la féminisation de la pauvreté ».

Septembre 2000 : Les Objectifs du Millénaire pour le Développement(OMD) sont adoptés par 189 pays au Sommet du Millénaire des Nations Unies à New York. Les huit objectifs de développement convergent vers l’objectif fondamental de réduction de moitié, entre 1990 et 2015, du nombre d’êtres humains extrêmement pauvres vivant avec moins de 1 dollar par jour.

Les huit Objectifs du Millénaire pour le Développement sont :

- OMD 1 : Réduire l’extrême pauvreté et la faim

- OMD 2 : Assurer l’éducation primaire pour tous

- OMD 3 : Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes

- OMD 4 : Réduire la mortalité infantile

- OMD 5 : Améliorer la santé maternelle

- OMD 6 : Combattre le VIH/SIDA, le paludisme et d’autres maladies

- OMD 7 : Préserver l’environnement

- OMD 8 : Mettre en place un partenariat mondial pour le développement

20 – 22 septembre 2010 : Sommet des Nations Unies sur les objectifs du Millénaire pour le développement (New York) Réunion plénière de haut niveau de la 65e session de l’Assemblée générale. Le « Sommet contre la pauvreté » a pour objectif la réalisation des OMD.

Pour plus d’informations :

  • Site de l’ONU consacré aux OMD.
  • Campagne française « huit fois oui » du Ministère des affaires étrangères et européennes pour les OMD.
  • Site de l’ONU Femmes pour l’égalité des genres et l’autonomisation des femmes (en anglais).
  • Extrait du Rapport Le progrès des femmes à travers le monde 2010-2011 : "La justice pour les femmes : la clé pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement", septembre 2010.
  • Rapport du PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement), Vaincre la pauvreté humaine, 2000.
  • Rapport de la Banque mondiale, Combattre la pauvreté : rapport sur le développement dans le monde, 2000-2001.
  • Rapport de l’OIT (Organisation Internationale du Travail), faits et chiffres sur la promotion de l’égalité des sexes dans le monde du travail, juin 2006.
  • Estimations de l’OMS, l’UNICEF, l’UNFPA et la Banque mondiale, Mortalité maternelle en 2005.
  • Rubrique de l’OMS (Organisation mondiale de la Santé) consacrée à la santé maternelle.
  • accueil.

Glossaire

Pauvreté

Selon l’INSEE et Eurostat, la pauvreté monétaire est mesurée de manière relative. Un individu (ou un ménage) est considéré comme pauvre lorsqu’il vit dans un ménage dont le niveau de vie est inférieur au seuil de pauvreté.

  • Selon Eurostat, toute personne dont les revenus sont inférieurs de 60 % au revenu moyen des ménages du même pays est considérée comme exposée à la pauvreté.
  • L’INSEE recourt au seuil de 50 % du revenu médian (revenu qui sépare la population en deux parties égales).
    Source : INSEE

Selon le PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement), il existe trois formes de pauvreté :

  • Pauvreté extrême » (ou pauvreté absolue) : lorsqu’une personne « ne dispose pas des revenus nécessaires pour satisfaire ses besoins alimentaires essentiels – habituellement définis sur la base de besoins caloriques minimaux ».
  • Pauvreté générale » (ou pauvreté relative) : lorsqu’une personne « ne dispose pas des revenus suffisants pour satisfaire ses besoins essentiels non alimentaires – tels l’habillement, l’énergie et le logement – et alimentaires ».
  • Pauvreté humaine » : l’« absence des capacités humaines de base : analphabétisme, malnutrition, longévité réduite, mauvaise santé maternelle, maladie pouvant être évitée ».

Selon la Banque Mondiale, il existe deux formes de pauvreté « monétaire » :

  • Pauvreté absolue » : elle correspond à « un niveau de revenu nécessaire pour assurer la survie des personnes ». Le seuil utilisé dépend du niveau de développement des pays : il est de « $ 1 par jour » (pour les pays d’Afrique subsaharienne, par exemple) ou de « $ 2 par jour » (pour les pays d’Amérique latine et certains pays d’Asie, par exemple).
  • Pauvreté relative » : elle correspond au « niveau de revenu nécessaire pour participer et vivre dans une société particulière », elle se rapporte notamment au logement et l’habillement.
  • A cela s’ajoute les différentes facettes de la pauvreté liée à « la santé et l’éducation, la vulnérabilité (l’incertitude et le risque frappant particulièrement les populations pauvres), le manque de parole (voicelessness) et le manque de pouvoir (powerlessness) ».
    Source générale : Emmanuelle Benicourt, La pauvreté selon le PNUD et la Banque mondiale, Études rurales, Exclusions.

Taux de pauvreté

Selon l’INSEE, le taux de pauvreté correspond à « la proportion d’individus (ou de ménages) dont le niveau de vie est inférieur pour une année donnée à un seuil, dénommé seuil de pauvreté (exprimé en euros) ».
Source : INSEE

Emploi vulnérable

Selon l’OIT (Organisation Internationale du Travail), les travailleurs en situation d’emploi vulnérable correspondent aux « travailleurs à leur propre compte » et aux « travailleurs familiaux non rémunérés ». L’emploi vulnérable se caractérise par une rémunération insuffisante, une faible productivité, des conditions de travail difficiles et un manque de respect des droits fondamentaux au travail et d’accès aux avantages sociaux ou aux programmes de protection sociale.
Source : OIT