CP - Journée internationale de la tolérance zéro à l'égard des mutilations sexuelles féminines
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COMMUNIQUE DE PRESSE DU 6 FEVRIER 2026
Journée internationale de la tolérance zéro à l’égard des mutilations sexuelles féminines du 6 février - Le Haut Conseil à l’Égalité s’associe à la mobilisation portée par la Fédération GAMS, Excision, parlons-en ! et de nombreuses associations engagées dans la lutte contre ces violences.
À ce titre, une minute de silence est organisée à 12h afin de rendre hommage aux victimes, d’exprimer la solidarité envers les survivantes et de rappeler que l’excision et les autres mutilations sexuelles féminines constituent des violences graves, persistantes et intolérables, qui concernent encore aujourd’hui des milliers de femmes et de filles.
Les données les plus récentes soulignent une urgence intacte.
230 millions de femmes et de filles vivent aujourd’hui dans le monde avec les conséquences de mutilations sexuelles féminines, soit une augmentation de plus de 30 millions en moins de dix ans. Chaque année, environ 4 millions de filles sont exposées à un risque de mutilation.À l’approche de 2030, les progrès demeurent à un tournant critique, rendant indispensable une intensification des politiques publiques et de la coopération internationale pour atteindre les objectifs d’élimination de ces violences.
La Convention d’Istanbul, ratifiée par la France en 2014, érige les mutilations sexuelles féminines en infractions pénales (article 38) et affirme qu’aucune justification d’ordre culturel, religieux, traditionnel ou liée au prétendu “honneur” ne peut être invoquée pour en atténuer la gravité ou les sanctions (article 42).
En droit français, ces violences sont passibles de 10 ans d’emprisonnement et de 150 000 € d’amende lorsqu’elles entraînent une mutilation ou une infirmité permanente, et de 20 ans de réclusion criminelle lorsqu’elles sont commises sur un·e mineur·e de moins de quinze ans par une personne ayant autorité.
Pour autant, la lutte contre les mutilations sexuelles féminines ne peut se limiter à une réponse pénale. Elle suppose une prise en charge globale, spécialisée et durable des femmes et des filles concernées, fondée sur l’écoute, la reconnaissance de leurs parcours et la prise en compte des conséquences physiques, sexuelles, psychotraumatiques et sociales de ces violences.
Le Haut Conseil à l’Égalité rappelle à cet égard que les données ne doivent pas demeurer de simples constats, mais constituer un levier central de décision et d’évaluation des politiques publiques. Mettre fin aux mutilations sexuelles féminines exige une volonté politique constante, des moyens à la hauteur des enjeux et une prise en compte effective de la parole des femmes concernées. Dans la continuité du Plan national d’actions contre les mutilations sexuelles féminines lancé en 2019, qui a structuré des axes essentiels en matière de sensibilisation, de formation des professionnel·les, de détection et de signalement, le HCE souligne la nécessité d’un renouvellement et d’un renforcement de cette dynamique.
Dans l’esprit d’une politique publique intégrée et non concurrentielle avec les associations, plusieurs priorités doivent être poursuivies :
Informer et sensibiliser le grand public, en ciblant notamment les périodes à risque (départs en voyage).
Former systématiquement les professionnel·les de la santé, de l’éducation, du social, de la protection de l’enfance, de la justice, de la police et de l’asile.
Renouveler le plan national en articulation étroite avec les réseaux associatifs, avec des moyens pérennes et une gouvernance claire.
Soutenir la recherche scientifique et la production de données, y compris des méthodologies robustes de mesure et de suivi.
Améliorer l’accès à la prise en charge et aux parcours de réparation (soins spécialisés, approche pluridisciplinaire, santé mentale, sexologie, chirurgie lorsque indiquée).
Appliquer pleinement les exigences de la Convention d’Istanbul, notamment l’interdiction de toute justification et l’obligation d’une protection effective.
À ce titre, le HCE poursuivra ses travaux sur le continuum des violences subies par les femmes dans leurs parcours migratoires, des pays d’origine aux pays de transit et d’accueil — incluant les mutilations sexuelles féminines, les mariages forcés, les violences sexuelles et la prostitution — afin d’appuyer la consolidation de politiques publiques intégrées, en lien étroit avec les associations de terrain et les institutions compétentes.
« Nous ne pouvons plus tolérer, en 2026, que des femmes, souvent très jeunes, subissent encore les souffrances et les traumatismes de pratiques archaïques et inhumaines. Les mutilations sexuelles féminines doivent être combattues avec force et beaucoup de volonté politique. Le Haut Conseil à l’Egalité se tient aux côtés des associations qui luttent au quotidien contre ce fléau. » Bérangère Couillard, présidente du Haut Conseil à l’Egalité.
Contact presse :
Kevin PELLE, kevin.pelle@pm.gouv.fr, 06 63 42 20 67